Protectrice de la Vie

Dans le théâtre de la nature, il est un petit acteur, à peine visible sous le vaste ciel, qui incarne avec noblesse une mission millénaire. Une fragile abeille, messager du printemps, glanant de fleur en fleur, distillant la vie en promesse dorée. Petit prodige programmé par l’instinct, elle danse sous le soleil, arpente les pétales colorés et parcourt des kilomètres sans compas. Le nectar et le pollen, ses trésors précieux, elle les offre sans attendre, créant pour nous cet ambre sucré, ce miel que nous chérissons à peine à mesure que nous le consommons.

Gardons à l’esprit que le bourdonnement de l’abeille est le battement de cœur de la nature. En érigeant des sanctuaires de verdure, en bannissant les poisons, nous honorons cette noble alliance. Protégeons l’abeille comme la plus précieuse des alliées, car en elle réside la promesse d’un écosystème florissant et d’un avenir plus lumineux.

© Rachèd Zarraï Miladi

Pourtant, l’ignorance humaine, tel un bourreau aveugle, brandit des flacons d’agonie, empoisonne les champs, croyant protéger les récoltes tandis qu’il scelle sa propre destinée tragique. Telles des ombres funèbres, les insecticides et pesticides réduisent à néant ces petites vieilles travailleuses infatigables. Dans leur danse mourante, elles nous implorent silencieusement de les protéger, les sauvegarder. Car en sauvant l’abeille, n’est-ce pas notre propre bien que nous assurons ? Dans cette lutte invisible, chaque abeille perdue est une note éteinte dans l’orchestre de la vie.

© Rachèd Zarraï Miladi